Sur un plan mondial, malgré les promesses et les engagements pris par les mondes industriel et politique, la disparition des forêts se poursuit inlassablement. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), la Terre perd chaque année 7 millions d’hectares de forêts. Au Brésil, la colère gronde au sein des populations indigènes habitant la forêt amazonienne. D’après les données diffusées par un institut national de recherche spatiale, durant le seul mois de mai, la planète a perdu 739 km2 de forêts primaires au Brésil. À titre de comparaison, un tel rythme de coupe d’arbres n’avait plus été observé dans le pays depuis dix ans.
Greenpeace a sorti un rapport rappelant le rôle des patrons des industries les plus puissantes du monde et leur contribution à ce désastre. L’ONG environnementale évoque la disparition, depuis 2010, d’au moins 50 millions d’hectares de forêts pour la fabrication de produits de base.
Pourtant, dix ans plus tôt, les membres participant au forum s’étaient engagés à stopper la déforestation au plus tard avant 2020. De nombreux plans et programmes, aussi divers que variés, ont fait suite à cet engagement.
«Des demi-mesures», assure Greenpeace. Sur la cinquantaine d’entreprises contactées en début d’année par l’ONG, aucune n’est parvenue à la convaincre du déploiement de mesures réellement efficaces pour éradiquer le déboisement de la planète. «Après avoir gaspillé une décennie, elles devraient être en pourparlers de crise. Au lieu de cela, elles réfléchissent toujours à la manière d’augmenter la demande pour des produits qui détruiront encore plus les forêts», regrette Anna Jones, responsable des projets liés aux forêts au sein de Greenpeace UK.
Pourtant, dans une période où le monde ne veut plus entendre parler de plastique, la popularité grandissante du papier comme alternative pourrait contribuer à empirer encore la situation.
Depuis deux ans, l’ONG alerte également sur les menaces qui planent sur l’autre poumon de la planète: les forêts boréales. La plus vaste étendue boisée en continu, avec ses 16 millions de kilomètres carrés, a, selon l’ONG, perdu en moyenne 2,5 millions d’hectares de paysages forestiers intacts non fragmentés (IFL) par an.
Étant donné les enjeux climatiques, afin de ne pas dépasser les fameux 2 °C de réchauffement, la préservation des forêts primaires est urgente. Greenpeace appelle les entreprises à respecter au plus vite leurs engagements "zéro déforestation".